Plongée en apnée profonde avec Umberto Pelizzari

Umberto Pelizzari champion de freediving
« La plongée en apnée n’est pas une fin en soi, mais le moyen d’approcher un état différent de plénitude » J. Mayol
Une unique et profonde respiration avant de s’immerger dans un autre monde. Ressentir pour la dernière fois l’air frais combler nos poumons. Ce gaz rempli de vie qui nous accompagnera dans les abysses de notre voyage. Atteindre l’osmose avec le liquide au fur et à mesure de la descente dans le Grand Bleu. N’éprouver que des sensations de bien-être. Se sentir porter, tirer ou encore caresser au plus profond de l’océan par cet élément essentiel à toute forme de vie. Soudain, lorsque le gaz se fait brûlant, la mer nous libère. La lumière se rapproche, puis la renaissance survient par cette bruyante inspiration.
RELAXATION DANS LE BLEU DES MALDIVES
Un des derniers stages d’Umberto s’est déroulé au sud des Maldives dans le cadre magnifique du lagon de l’atoll d’Ari, à une heure de vol de Malé, nous avons eu la chance de l’accompagner dans ce coin de paradis.
Arrivé à l’apnée un peu par hasard, ce sympathique italien originaire de Lombardie qui n’osait pas prendre de bain dans sa petite enfance, découvre la natation vers 5 ans lorsque sa mère décide de l’envoyer à la piscine pour combattre sa phobie de l’eau. Il découvrira peu à peu l’apnée en jouant à la fin de ses entraînements de natation à retenir son souffle le plus longtemps possible sous l’eau. Il ne se doutait pas encore qu’il deviendrait un compétiteur hors norme et l’une des figures les plus respectées et respectables du milieu.

freediving MALDIVES

Discipline marginale il y a encore 20 ans, la plongée en apnée profonde est désormais de plus en plus populaire. Cette manière originelle de plonger, sans artifices, sans tricher avec la mer, est rentrée dans les mœurs et les fédérations comptent de plus en plus d’adhérents. « Le nombre d’élèves et de stagiaires ne cesse de grimper. Les stages et les brevets sont accessibles à tous, peu importe le niveau. La seule chose qui importe est de se faire plaisir » nous relève Umberto. L’apnée rime également avec simplicité, nul besoin de bouteilles, de détendeur ou d’autres coûteux artifices. Un simple masque suffit pour commencer à voyager au cœur des fonds sous-marins et au fin fond de soi.
UMBERTO PELIZZARI, PARCOURS D’UN CHAMPION HORS NORME
Après quelques années de compétitions en natation, l’attraction pour l’apnée ne fait que s’accroître chez le jeune Pelizzari. A l’âge de 17 ans, il décide de s’y consacrer davantage et arrête la natation. Il progressera rapidement pour atteindre 6 minutes en apnée statique et 150 m en apnée dynamique (l’apnée dynamique consiste à parcourir, juste sous la surface de l’eau, la plus grande distance horizontalement).
 Umberto Pelizzari champion de freediving

Umberto Pelizzari champion de freediving

Après l’obtention de son diplôme en Sciences de l’Information à l’université de Milan en 1990, il effectue son service militaire dans le corps des pompiers plongeurs-secouristes de l’île d’Elbe. Par ce  biais il rencontre Massimo Giudicelli qui deviendra son entraîneur, et qui le suivra tout au long de sa carrière de compétiteur. Il ne pensait toutefois pas encore à faire de la compétition et à établir de record.
Dès son arrivée sur l’île, il commence à se confronter aux profondeurs dans lesquelles il n’a quasiment jamais évolué habitant loin de la mer. Les fonds l’inspirent et, contre toutes attentes, il arrive à une profondeur de 55 m dès les premiers jours d’entraînement. Le record détenu par le cubain Pipin Ferreras, imbattable depuis 5 ans, était alors à -62 m. Umberto envisage dès lors avec son entraîneur de passer aux choses sérieuses en montant une équipe avec Il Corsaro, entraîneur du grand Jacques Mayol.
Deux mois après, le 10 novembre1990, à Porto Azzuro, sur l’île d’Elbe, Umberto stupéfie le monde de l’apnée en entrant dans l’histoire avec un nouveau record du monde en poids constant. Il  atteint une profondeur de 65 m et bat de 3 m le record établi par le cubain. Il s’en suit une longue série de records qui feront de lui l’une des légendes de l’apnée sportive moderne. Pelizzari s’attaque à tous les records de l’apnée libre. Il repousse chaque année un peu plus les limites des profondeurs, entre autres par le biais de l’apnée no limit, discipline rendue populaire par le film « Le Grand Bleu » de Luc Besson.
En 1999, le champion charismatique détient tous les records mondiaux en plongée libre avec -80 m en poids constant, -115 m en poids variable et un fameux -150 m en no limit qui le fera entrer définitivement dans l’histoire. Atteindre cette profondeur était considérée comme impossible pour l’homme auparavant.
En 2001, après avoir terminé la réalisation du film « Ocean Men » qui lui est consacré, il décide, après 16 records du monde et 12 ans de compétition, de réaliser son dernier record à -131 m en poids variable. Ceci avant de se retirer des concours officiels dans la gloire afin de se consacrer à son école d’apnée et à la cause environnementale. Umberto Pelizzari était le seul apnéiste à avoir obtenu les trois records jusqu’à ce qu’à ce que l’autrichien Herbert Nitsch le détrône en 2010 en détenant simultanément les records de ces trois disciplines.
JACQUES MAYOL, PERE DE L’APNEE
Jacques Mayol a ouvert la voie à de nombreux plongeurs libres. Le besoin d’imiter les dauphins, de transformer son corps et son esprit pour se rapprocher d’eux le plus possible, lui permettait d’atteindre ainsi une forme de sérénité que la vie sur terre ne pouvait lui offrir. Cette quête quasi mystique l’a amené à repousser les limites humaines à un niveau que seuls quelques « fous » croyaient possible à l’époque. En 1983, à 56 ans, Mayol atteint les 105 m en no limit. Cette performance ne sera battue que treize années plus tard, en 1996, par son « élève » Umberto Pelizzari.
Il a insufflé une philosophie à l’apnée, grâce à son livre « L’Homo-Delphinus » véritable explication sur ce qui fût la quête de sa vie, notamment son amour pour les dauphins et sa conception de l’humanité. Le cinéaste français Luc Besson s’inspira de sa vie et de sa rivalité avec l’Italien Enzo Maiorca pour réaliser « Le Grand Bleu », devenu un film culte après sa sortie en 1988.

Jacques Mayol et Umberto Pelizzari champions de freediving

APNEA ACADEMY, LA QUETE DES BELLES SENSATIONS
Parallèlement à la compétition, Umberto Pelizzari lance en 1996 son école « Apnea Academy » dans laquelle il insuffle sa philosophie et celle de celui qui lui a fait véritablement découvrir l’apnée, Jacques Mayol. Etre à l’écoute de ses émotions et rechercher les sensations au plus profond de soi, au plus profond de l’océan, voilà peut-être la chose primordiale qu’il faudrait retenir de son enseignement.
Peu après son premier record du monde, Umberto rencontre Jacques Mayol lors d’un salon nautique à Paris. Cette rencontre sera décisive pour Umberto et changera définitivement sa vision de la discipline. Lui qui ne voyait dans l’apnée qu’un sport de compétition, se rendra compte de l’importance primordiale du mental. Il comprendra qu’il s’agit avant tout d’un état d’esprit, d’une manière d’exister. Etre à l’écoute de son corps et améliorer le ressenti des sensations dans l’eau en faisant abstraction de la performance deviendront essentiel lors de ses plongées.
Jacques ne considérant pas Umberto comme un apnéiste accompli, malgré sa récente performance, décide de lui faire découvrir sa vision de la discipline en l’invitant à l’île d’Elbe. Il le conduit un beau matin d’été, non loin de sa maison, dans une petite crique ne comportant que 10 m de fond, et l’invite à faire des descentes répétées à cette profondeur. Umberto très septique sur l’utilité de l’exercice, car déjà détenteur d’un record du monde à plus de 60 m, s’exécute malgré tout. Jour après jour, durant de longues heures, plusieurs semaines d’affilée Mayol lui répète le même refrain. Ecœuré de réitérer interminablement cet exercice ne lui demandant pas la moindre difficulté, il commence à perdre patience et à remettre en question son enseignement. Néanmoins, ne voulant pas abandonner et rentrer chez lui alors qu’il avait la chance d’être supervisé par le plus grand, il persévère et commence à s’abandonner de plus en plus dans l’eau. Après de longues semaines, il ressent, enfin, pour la première fois, la voilure de ses palmes propulser son corps sous l’eau; les palmes devenaient un membre à part entière, la position de sa tête commençait à déchirer l’eau, son corps devenait hydrodynamique. Pelo, comme le surnomme ses amis, ressentait enfin cette osmose avec l’élément liquide. La mer et lui ne formaient plus qu’un. Plus il se relaxait, plus les sensations de bien être l’envahissaient, améliorant de ce fait sensiblement ses performances aquatiques.
L’enseignement de Mayol ne pouvait se dispenser que dans ces conditions. Un apnéiste doit pouvoir redécouvrir son corps, l’apprivoiser. Il doit comprendre l’élément liquide et trouver au plus profond de lui-même ces belles sensations que nous possédons tous. Cette introspection, combinée à un peu de technique et de savoir, sera la clé qui lui ouvrira définitivement les portes des abîmes.

Umberto Pelizzari champion de freediving

Chaque descente doit être plus forte en émotions que la précédente. Selon Mayol, il ne peut y avoir de quête des profondeurs sans une véritable introspection. La philosophie qui caractérise Apnea Academy, l’école d’Umberto, est cette cherche permanente des belles sensations aquatiques. Umberto et ses instructeurs mettent un point d’honneur à enseigner aux novices comme aux plus avertis la relaxation et la respiration qui sont les bases les plus importantes pour se construire en tant qu’apnéiste. En effet, ces deux facteurs permettent d’acquérir un meilleur contrôle de son corps et d’en améliorer la connaissance. L’apnée pour les héritiers de Mayol, c’est 99% de mental et 1% de physique.
Une école de plongée libre est également là pour enseigner ou rappeler à chacun les règles élémentaires ainsi que les protocoles de sécurité afin d’éviter tout accident. En effet, la quasi-totalité des accidents d’apnée est due au non-respect ou à la méconnaissance des normes. La première et la plus importante est qu’il ne faut jamais plonger seul, sans la surveillance de son binôme. Une simple perte de connaissance en remontant vers la surface prendrait des proportions dramatiques si la personne qui en est victime est seule dans l’eau, que ce soit en piscine ou en milieu naturel. Peu importe son niveau, le fait d’avoir un compagnon de plongée est primordial.

Umberto Pelizzari champion de freediving

Umberto Pelizzari champion de freediving

 

Vous désirez vous initier à cette merveilleuse discipline qu’est la plongée en apnée? Cédric, vice champion de Belgique et instructeur international formé par Umberto Pelizzari est à votre disposition.
Contactez-nous!